Sept enfants, pour cinq jours.

Chaque stage est unique, chaque groupe et chaque enfant est singulier. Chaque météo, aussi. Il a fait magnifique, cette semaine, vous avez vu ? 

Lumineux, assez pour nous faire croire à l’été en plein cœur de l’hiver, pour nous faire ranger les luges qui attendaient les prochains flocons sur le parvis, et mettre en valeur le plancher en verre tout juste placé là où la vieille trappe en bois rongée par le temps perdait encore ses copeaux la semaine précédente. C’est que les vacances scolaires ont une fois de plus été bien chargées : une semaine de chantier, une semaine de stage. Du travail, dans différentes acceptions du terme. Des amitiés, dans différentes concrétisations du concept. 

Chaud, assez pour nous permettre de passer plus de la moitié de la journée dehors, chaque jour, tartiné·e·s de crème dénichée à la va-vite et coiffé·e·s de couvre-chefs de fortune, à pratiquer l’hébertisme et/ou la philosophie, actif·ve·s de corps et/ou d’esprit, exerçant nos habiletés de penser et/ou de nous mouvoir. C’est que le GymNat, espace intérieur protéiforme, a pour toute mission de nous fournir l’abri le plus confortable possible pour le laps de temps le plus court possible : le grand air nous appelle, qui nous happe dès le plus petit commun déterminateur météorologique atteint. 

Chaude, lumineuse et sèche, la semaine ne nous a pas laissé grand loisir d’utiliser les agrès modulables qu’offre pourtant en nombre croissant notre trente-mètres-carrés. 

Avec sept enfants, et en cinq jours, nous avons sillonné les recoins les plus isolés du globe (en imagination, grâce à l’album jeunesse Hortari, que je vous conseille) et des bois de Naimette-Xhovémont (en vrai, et en cueillant précautionneusement quelques tendres feuilles d’ail des ours fraîchement écloses, tout en admirant les crocus aux pistils éclatants tout juste révélés). 

Nous avons tissé des confiances à force de nous entraider et des complicités à force de discuter ensemble. Nous avons appris des choses dans nos muscles et dans nos idées, et été au bout de projets un peu fous (comme ce labyrinthe idéal qui nous a pris presque toute la journée jeudi, et a reconfiguré les terrains verts pour longtemps, avec l’aide des hébertistes de l’ULiège) et d’expéditions un peu lointaines (comme la recherche d’histoires qui nous a mené.e.s jusqu’à la piste d’athlétisme mardi, où nos réserves en eau épuisées ont éclipsé notre désir de philosopher). 

Avec sept enfants, et en cinq jours, nous avons savouré la douceur de vivre à nos rythmes, de cultiver nos plaisirs, de soigner nos besoins, de penser nos actions et de réfléchir nos pensées, d’exercer nos opinions et d’affiner nos exercices, de nous façonner autres ensembles. Marche, course, quadrupédie, grimper, équilibre, saut, lancer, porter, défense – mais aussi questionnements, positionnements, (hypo)thèses, arguments, exemples, interprétations, objections, concep(ualisa)tions… autant d’occasions de nous (re)définir, et de mieux nous connaître dans ces rencontres et ces tâtonnements. 

Sept enfants, cinq jours et des milliers de moments à grandir ensemble.