Pour la petite histoire, La Palestra, c’était le nom de la maison de vacances de ma famille maternelle, celle que mes grands-parents ont fait construire sur une colline encore vide en 1975. Vendue en 2025, elle a accueilli les excursions provençales de trois générations pendant 50 ans tout rond. Située aux pieds du Mont Ventoux, elle a également hébergé quelques camps hébertistes, dans les années 2010-20. « La Palestra » est un nom directement inspiré du nom des palestres hébertistes, communautés gymniques féminines fondées par les monitrices hébertistes qui, après la première guerre mondiale, le Collège d’Athlètes de Reims où elles officiaient ayant été détruit, ont trouvé là une façon de poursuivre leur enseignement.
J’ai décidé de reprendre la plaque qui accueillait les visiteureuses à l’entrée du terrain arboré de pins et de chênes, bercé dès les 25°C à l’ombre des feuillages du claquement des cymbales des cigales, et d’en orner le fameux crayon qui indique aux passants de la Rue Xhovémont.
J’ai décidé de m’approprier le nom et l’héritage, ayant posé mes valises moi aussi aux pieds d’un Mont Ventoux wallon (Xhové-mont signifiant également, paraît-il « le mont balayé par les vents »), forcément plus modeste et par la taille et par la violence des vents.
Ce site Internet, qui abrite les aspects numériques des activités organisées dans cette palestra liégeoise, porte donc lui aussi le nom et l’héritage, venteux et hébertiste, bercé à défaut des cigales et de l’odeur chaude des aiguilles de pin séchées au soleil par l’image de ces petites fleurs mauves qui régalent les papilles de leur subtil goût sucré au détour des vacances de mai : l’aphyllante de Montpellier, fleur commune de la garrigue, petit miracle singulier, qui éclot au bout d’une tige de jonc dépourvue de feuilles (d’où son nom peu poétique) qu’on ne considérerait pas si l’on ne savait ce qu’elle prépare de beau et de savoureux. J’ai toujours adoré les joncs. Cette plante qui les imite pour offrir de délicats délices me ravit. J’ai voulu la mettre ici à l’honneur, qu’elle renferme tout le paysage fauconnais, toutes ces vacances enfantines qui ont façonné mon caractère et mon imaginaire, toutes ces journées partagées en camp avec les hébertistes qui y ont fait le voyage, toutes mes escapades en solitaire ou en bonne compagnie à la frontière de la Drôme et du Vaucluse.